« Attendez avec humilité et patience l'heure de la naissance d'une nouvelle clarté. »*
Mon parcours vers la rencontre avec la médiation artistique et l'art-thérapie : un engagement artistique et humain.  
 « Entrez en vous même cherchez le besoin qui vous fait écrire : examinez s'il pousse ses racines au plus profond de votre cœur..... »'« Votre solitude, même dans ces conditions contraires, vous sera soutien et foyer ; c'est d'elle  que vous tiendrez tous vos chemins. " Rainer Maria RILKE «lettres à un jeune poète» Les cahiers rouges, Grasset 1937 p 53. 
 Après un parcours universitaire d'études en Lettres et Arts, Lettres étrangères – rencontres avec JOYCE et HAMLET- , philosophie, une formation en école nationale d'art dramatique, et des ateliers avec l’école des  Beaux - Arts, mon parcours professionnel a été jalonné de rencontres  au sein de différentes communautés de personnes comme autant de rencontres singulières : les élèves et enseignants de l' éducation nationale en tant que professeur de lettres, arts plastiques, arts appliqués, et en tant qu'artiste plasticienne, écrivain, des artistes de toutes disciplines dans le milieu artistique et littéraire, avec  le travail d'écriture dans les ateliers, de conteuse dans les associations, écoles, salles de théâtre, et les expositions du travail de peinture. J’ai découvert le milieu des entreprises en dispensant des « formations à la créativité » ou en créant des outils de communication.
 Même lorsque le temps matériel ne me laissait pas d'espace, j'ai conservé intacte une énergie intérieure pour survivre, vivre, dans un lieu intérieur où je pouvais créer, imaginer, écrire, dire, parler, dans un langage autre. « Le résilient, lui, après s’être arrêté, reprend un chemin latéral. Il doit se frayer une nouvelle piste avec, dans sa mémoire, le bord du ravin. Le promeneur normal peut devenir créatif, alors que le résilient, lui, y est contraint. » -Boris CYRULNIK « Le murmure des fantômes » Odile Jacob p 115
Mon engagement vis à vis de l'art, la création, est un chemin de rencontres.     
La découverte du milieu médical, en écoutant les personnes, leurs souffrances, et les soignants parler de leur travail, /.../ force a été de constater la relation directe de l'art et du soin : en écrivant, dessinant pour eux, /.../ il a été possible d'établir un lien direct entre leur travail, les recherches, et l'art. 
L’humain est en relation avec l’environnement, nous sommes tous reliés les uns aux autres en une dynamique singulière, et pourtant « seuls ensemble » /.../
Ce parcours a été construit en fonction de ma vie familiale, en continuant les recherches en université ou dans d'autres cercles  d’études, de réflexion en philosophie, théologie, art, études para médicales centrées sur la connaissance de soi, le lien entre l'art et le soin à la personne. /.../
 La lente déconstruction, la possible reconstruction grâce à l'art. 
/.../Ce qui dans mon parcours a permis de sauver l'essentiel, l’authentique, la force de vie plus forte que tout, m'a conduite à prendre une responsabilité vis à vis de mon engagement personnel, professionnel et humain. Fondée sur cette réflexion, ma démarche reste désireuse d'aller à l'essentiel : les multiples rencontres, heureuses ou malheureuses, ont mis en exergue une constante, inaltérable, située en chacune des personnes : la place et la part de l'artiste en chacun, celle de la rencontre, de la poésie.Le lieu de la blessure, au lieu d'être mortifère, est source de vie, force vitale.

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 Le temps de désapprendre : Après l’expérience de formation à la créativité, pratiques de thérapies cognitives, dans le cadre de formation en entreprise, j'ai découvert la recherche d'orientation lacanienne, ai participé à des séminaires, formations continues en universités, centré mes recherches en art-thérapie.

Depuis plus de vingt ans, mes études autour de la question de la souffrance ont apporté des réponses aux questionnements sur la relation du psychique et de l'art. La confrontation de différentes écoles nourrit la réflexion avec en lien la nécessaire pratique du travail artistique et littéraire.

Parmi les rencontres marquantes, les fresques de Giotto sur St François d’Assise dirigent un parcours personnel sur ce qu’est la rencontre vraie avec l’autre. «  Tout a du obéir à sa passion d’humanité : le dessin, la lumière, la composition,…/Le peuple de Giotto ne ressemble à aucun autre : parce qu’il ressemble à tous les peuples, parce qu’il est le peuple. »1-GIOTTO- Les Fresques – Le Louvre-2013. -texte d’Yves FARGE.  Le  respect de la beauté, du simple, rejoint le respect du soignant dans le soin qu’il prodigue à tout être vivant.

La rencontre avec Maria Elena VIEIRA Da SILVA et Judith REIGL sont pour moi une terre d’appartenance. «L’œuvre de VIEIRA da SILVA surgit et l’aiguillon d’une douce force obstinée, inspirée, replace ce qu’il faut bien nommer l’Art, dans le monde solidaire de la terre qui coule et de l’homme qui s’en effraie »2-René CHAR à propos de Maria Elena VIEIRA DA SILVA -1960- L’Ocre Bleu.  

post scriptum

Aller à l'essentiel 

La rencontre avec « L’enfant bleu » m’a conduit à prendre la décision de faire une formation en art-thérapie, rejoindre les soignants en tant qu'artiste et art-thérapeute, en cherchant à travailler avec des personnes intégrant dans un parcours de soin la place de l'art-thérapie au sein d'une équipe pluridisciplinaire, accordant- dans le seul intérêt du patient-  à cette discipline la reconnaissance fiable qui n'est autre que celle qui passe déjà par les patients eux-mêmes et à leurs familles. 

 La pratique artistique personnelle permet de rester en éveil dans un mouvement toujours renouvelé.

Ceci est aussi en action dans l'espace et la pratique de médiation artistique. La thérapie est une pratique autre. Créer des passerelles entre les deux disciplines est un pari, et le fait de vouloir savoir si ma démarche tenait avec le temps m'a orienté vers une formation concrète, pour éclairer le chemin à venir.

Là où médecins, psychiatres, psychologues, soignants et artistes pouvaient travailler ensemble, là pouvaient se confronter les connaissances sur la souffrance psychique, faire avancer la recherche en art - thérapie. « Il n'est pas à la beauté d'autre origine que la blessure, singulière, différente pour chacun, cachée ou invisible, que tout homme garde en soi, qu'il préserve et où il se retire quand il veut quitter le monde pour une solitude temporaire mais profonde. »(Jean GENET à propos de GIACOMETTI).

L'acte de reprendre une formation, a été pour moi sous -tendu par un désir d’aller à l'essentiel. Proposer aux personnes en souffrance d’aller, grâce à l’Art, à la rencontre de l’artiste en eux, les accompagner dans leur parcours c'est permettre de revenir à l'élan vital, l’indemne. L’art leur donne la parole, il est soin. Là, elles rencontrent leur terre, leur « ailleurs quelque part ». 

 

La vraie rencontre est une grâce et va à contre-courant de ce qui aliène l’être. Elle porte en elle une trace d’inconnu, qui nous dépasse, dessine un horizon, celui de la guérison, de la vie. C’est une naissance à soi, à l’autre, elle met au monde dans sa nudité.

« C’est l’inconnu qu’on porte en soi : écrire, c’est ce qui est atteint. L’écriture c’est l’inconnu. /…/C’est l’inconnu de soi, de sa tête, de son corps./…/L’écrit ça arrive comme le vent, c’est nu, c’est de l’encre, c’est l’écrit, et ça passe comme rien d’autre ne passe dans la vie, rien de plus, sauf elle, la vie. »3-Marguerite DURAS- « Ecrire   » Gallimard, 1993, p 52-53

- extraits du mémoire en art-thérapie 

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Merci.

 

 

 MiA a reçu l'accréditation de la FFAT, l'acceptation en tant que membre actif de la SFPE-AT et dela SIPE-AT, le soutien de la DRAC et de l'ARS,
et à ce titre a a reconnaissance professionnelle de son travail, ainsi que celle de ses pairs, oeuvrant pour le même objectif : celui de donner à l'art-thérapie l 'écoute et le respect qu'elle mérite, grâce à tous les chercheurs qui consacrent leurs efforts en ce domaine depuis de très nombreuses années et envers qui va ma gratitude. Ainsi que pour tous ceux qui oeuvrent dans cette voie et contribuent à ouvrir un champ d'expériences pour mieux soigner, soulager la souffrance quelle qu'elle soit.